Poèmes

lugubre

Bienvenue en enfer

Vous voilà plongé dans le plus sombre des jours,
Là où mon règne domine depuis toujours.
Là où l’espoir et mort et le bonheur pleure.
Suivez-moi avec docilité, n’ayez pas peur.

Vous avez été choisi parmi tant d’autres,
Par moi-même et mes plus fidèles apôtres,
Votre chair, votre âme, votre être, votre cœur
M’appartiennent dans ce monde de l’horreur.

Soyez confiant, vous n’êtes pas les premiers,
A me côtoyer dans l’Enfer des Hommes,
Plusieurs avant vous ont tenté de me renverser,
Je les ai écrasés de toutes mes forces sous ma paume.

Soyez donc obéissant envers votre nouveau maître
Ici, pas d’évêque, pas de Dieu, pas de Saint, pas de prêtre,
Seule la douleur vous tiendra compagnie dans la mort.
Votre soumission sera le Salut qui sauvera votre corps.

Les enfants des champs

Ecoutez attentivement, vous risquez de les manquer,
Ils sont pourtant bien là, ces petits trésors des champs,
Ces enfants de la nuit qui vous suivront toute l’année,
Qui vous observent cachés derrière le brouillard blanc.

Soyez prêt à les recevoir,
Ils sont impatients de vous voir,
Ils ne mordront que certains d’entre vous,
Seuls les moins chanceux saigneront jusqu’au cou.

Solitude
S’il existe bien une peine unique au monde,
Je crois que je sais à quoi elle ressemble.
Car je suis hélas à l’extérieur de la ronde,
Et devant moi, chacun d’eux tremble.

Leurs visages se crispent lorsque j’apparais,
Et leurs mots, tels des poignards, m’atteignent
Cependant, sachez qu’il y a un mais
Il n’y a que de l’extérieur que je saigne.

Silent Hill
Cette ville apparait dans mes rêves les plus agités
Et chaque soir, piégé dans les bras de Morphée
Je recherche désespérément la réponse
Comme capturé dans un mur de ronces.
Comment échapper à tel calvaire ?
Mes forces m’abandonnent, j’en suis vert
Le Mal autour de moi ne cesse de grandir
Tel un macabée à ressort, près à bondir.
Où se réfugier avec telle douleur ?
Afin d’échapper à ces intimes terreurs
Cette ville ne semble pas m’accorder la moindre répis
Et je la vois au cours de chaque nuit endormie
Oui, dans mes rêves les plus agités, je vois cette ville…
Silent Hill.

L’astre d’argent

Au dessus de nos têtes lourdes de pensées
S’élève l’éternel astre qui nous fait tant rêver.
Celui qui cache mille et un secrets
Et qu’aucun être n’a réussi à percer.
Renne de la nuit, elle s’élève dans le ciel
Et nous prions mille prières en dessous d’elle.
Cette déesse argentée que j’ai nommé la Lune,
Et que nous n’atteindrons pas même perché sur les dunes.

Blanche Colombe
Je te contemple allongée devant moi
Mes larmes, elles ne sont rien pour toi
Tu ne m’as jamais aimé tel que je l’ai fait
Voici donc une berceuse pour clore tes yeux
Mon amour pour toi est mon aveu
Je ne suis rien, tu ne peux être malheureuse
Toi, ma blanche colombe majestueuse.

Rivière d’amour
Je veux une rivière qui déborde d’amour
Même si ça ne suffit à combler mon cœur
Car je sais que les vides resteront toujours
Elle seule m’apporterait une goutte de bonheur

Mon cœur mielleux sait bien
Que seule la bonté comble son sein
Mais même si la douleur s’éteint,
Je sais que je n’aurai rien

J’ai besoin d’un miracle, pas de pitié sur les mains
Une seule goutte de Son cœur et en extase est le mien
Avec ce rêve qu’Elle m’envoie, j’entrevois bientôt ma fin
Je ne veux pas de charité, seul un miracle me convient.

J’ai laissé s’ouvrir les portes de l’Enfer.
Il l’a fait sous mes yeux, et je n’ai fait que l’observer.
Maître de son destin, il se jeta  avec un cœur léger
Dans le vide, faisant taire son âme à jamais.
J’étais présent, et je n’ai fait qu’observer.
Mais, je vous le demande, quel être
Aurait pu prévoir que la chute d’un prêtre
Se jetant dans le vide près du cimetière
Conduirait à l’ouverture des portes de l’Enfer ?
Car ce que ma sottise ignorait encore
C’est que cette mort scellerait le sort
De chacune de nos âmes damnées
Qui depuis ce soir là sont condamnées
A être traquées, pourchassées et assassinées
Par les démons anciennement faits de chair
Et dont l’âme s’est perdue en Enfer.
Désormais, c’est sur Terre qu’ils errent
Oh, pourquoi cet acte insensé, mon Père ?
Vous qui étiez si bon, vous en qui nous croyons
Vivez-vous les choses comme nous les vivons ?
Vous, qui avez laissé les morts revenir sur Terre,
Qui étiez vous réellement, entre deux prières ?

Le campagnard qui saignait
J’écris ces quelques lignes avant de plonger dans l’éternelle torpeur
Afin d’immortaliser la plus insoutenable des nuits de terreur.
Car alors que, persuadé d’être seul et paisible
Dans ma demeure isolée des absurdités de la ville,
J’entrai dans ma salle de bain comme chaque soir,
L’obscurité fit irruption et me plongea dans le noir.
Bien malin, je brandis déjà une torche  électrique
Calmant ainsi mon imagination paniquée
Distinguant bien vite des silhouettes fantomatiques.
Et soudain, devant mon miroir je restai figé
Car cet être ne pouvait être mon reflet.
Me faisant face, semblant appeler à l’aide
Se tenait mon propre cadavre ensanglanté.
Brandissant une main squelettique et laide
Cette chose me dévisageait de ses orbites creuses
Et je reconnaissais bien ma silhouette pieuse.
Oui ! C’était bien moi ! Mais de ce côté j’étais de sang
Horrifié, je restais sans voix devant cette apparition
Qui me pointait du doigt tout en crachant
Des litres de liquide rouge dégoulinant.
Puis, pour combler cette vision d’horreur s’offrant à moi,
Mon propre sang  se répandait sur chaque mur de la pièce
Tandis que de l’autre côté du miroir, cet autre moi
Se vidait tout en m’adressant un salut de politesse.
Au lieu de disparaître dans les ténèbres, il se figea
Et pour autant que je sache, il est toujours là.
Quant à ma demeure, elle ne représente plus rien
Pour moi, maintenant que les murs de sang ont été repeints.

Le journal du petit Albert.
Je m’appelle Albert Fish, et  j’ai 8 ans.
Je vis à la campagne, chez le frère de maman.
Parce que papa et maman ne sont jamais revenus.
Et tonton a dit qu’il s’occuperait de moi en attendant.
Mais jamais n’arrivait ce retour tant attendu.
Alors je reste là, et je joue avec les bêtes.
Puisque mon cousin George ne joue jamais avec moi.
Il est plus grand que moi, George, il a 13 ans.
C’est grâce à lui que j’ai appris que le monde était froid.
Que ce soit lui ou tonton, c’est toujours à moi qu’on s’en prend.
Et il y a aussi les copains de George, qui me lancent toujours des pierres.
Car il parait que je suis laid et que Dieu avait la tête ailleurs quand il m’a fait.
C’est ce que hurle toujours Tonton, quand il me voit jouer dans les prés.
Peut-être que si je n’aurais pas su leur faire face, si j’avais eu un grand frère.
Mais être seul m’a fait découvrir un art dans lequel j’excellais.
Celui de tuer.

La Rue
Que de monde, peu d’espace !
Dans cette immense rue commerciale,
Avec effort je m’y fraie une place
Au milieu des passants à l’allure bestiale.
Chaque jour, chaque soir, ils s’y empressent
Pour faire des achats ou lire les revues presse.
Quant à moi, je m’y fraie timidement un chemin,
Pour atteindre mon lieu de travail chaque matin.
Souvent on me bouscule, souvent je dois pousser
Si bien que je semblerais presque avoir l’air de danser.

Ce matin-là, à mon grand étonnement,
Un taxi m’interpella, me demandant :
« Mon bon monsieur, auriez-vous besoin d’une course ? »
Je remerciai sa gentillesse, mais lui répondis : « Aucunement. »
« Etes-vous sûr que vous n’avez besoin de rien ? » reprit-il aimablement
Je répliquai que oui, et lui demandai d’où lui venaient ces pensées si douces.
« C’est que je me suis dit que vous deviez avoir besoin d’aide
En vous observant déambuler au milieu d’une vieille rue vide. »

Cet article a été publié le Vendredi 8 septembre 2017 à 22 h 00 min et est catégorisé sous Non classé. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le Flux des commentaires. Vous pouvez laisser un commentaire. Les trackbacks sont fermés.

2 commentaires à “Poèmes”

  1. Henri Fontaine dit :

    très belle plume. Je suis convaincu que vous êtes capable d’écrire des nouvelles plus gaies. Il flotte une atmosphère glauque, triste dans tous vos écrits. Je vous encourage à vous y essayer.

    Tous mes encouragements pour la suite.

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