Nouvelle – En ce lieu, des vers

vers-de-farine

EN CE LIEU, DES VERS

Vous savez, je n’ai encore raconté cette histoire à personne. Je profite de ce moment de solitude pour écrire ces quelques lignes histoire de laisser une trace de mon passage. Car c’est tout ce que je laisserai…ça et mon cadavre.
C’est arrivé le soir dernier, alors que je mangeais des spaghettis bolognes. Je dinais, comme chaque soir depuis trois ans, seul. C’est le cas depuis que j’ai quitté le domicile familiale et que je dirige ma vie moi-même. Bref, je mangeais tranquillement, lorsque je sentis quelque chose bouger dans ma bouche…quelque chose de vivant. Pris de panique, je recrachai machinalement ce que j’avais dans la bouche dans mon assiette, et vit un petit ver gigoter au milieu de mes spaghettis. Je poussai un cri de dégoût – et dire que j’avais eu ça dans la bouche. Il me fallu bien quelques secondes pour réaliser ce qui était en train de se passer devant moi. Il n’y avait pas qu’un ver dans mes pâtes, il y en avait au moins une bonne dizaine. Et dans mon verre d’eau…des vers aussi. Des vers partout…partout. Sur la table, par terre, sur les meubles de la cuisine. Ils semblaient se multiplier à vue d’oeil, et je ne sais comment. Je quittai donc la cuisine en courant et allumai la lumière du salon pour réaliser que d’autres vers avaient atteint la pièce. Ils étaient sur la table devant la télé, sur le canapé, sur la moquette. D’horrible vers blanchâtres qui remuaient de façon aléatoire. Je commençai naturellement à paniquer. D’où venaient-ils ? Comment avaient-ils pu envaïr ma maison en si peu de temps ? J’allai vite vérifier les toilettes – non sans écraser quelques uns de ces salopards sur mon chemin – et découvrit une énorme masse blanchâtre de vers dans la cuvette des WC, telle une pelotte de laine vivante. Il y en avait au moins autant dans le lavabo, et je les voyais sortir par le robinet. Je sentis alors quelque chose bouger dans mes cheveux…et réalisai bien vite qu’ils tombaient du plafond. J’entrepris de sortir de la maison, c’était la meilleure chose à faire, mais lorsque j’ouvris la porte d’entrée, je découvrit un jardin entièrement envahi de vers. Ils recouvraient la pelouse, le paillasson, tout ! Je réalisai alors qu’ils n’avaient peut-être pas encore atteint le premier étage – où se trouvait ma chambre. Je vis alors qu’ils commençaient à grimper par les escaliers, mais qu’ils n’en étaient qu’à la première marche. Je les devançai et parti m’enfermer dans ma chambre. C’est là que j’ai pu écrire ces quelques lignes. Mais le temps presse, ils sont déjà là, à ma porte. Je les entends gigoter. Il est temps pour moi de poser ma plume.

Cet article a été publié le Mercredi 30 août 2017 à 17 h 17 min et est catégorisé sous Non classé. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le Flux des commentaires. Vous pouvez laisser un commentaire. Les trackbacks sont fermés.

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