Nouvelle – Alessa

Alessa

ALESSA

Ce n’étais pas la première fois qu’Alessa se baladait seule en forêt, loin de là. Elle avait eu la chance de naître dans un milieu campagnard avec un bois non loin de chez elle, et elle avait prit l’habitude, elle qui était très solitaire, de marcher seule dans ce bois. Elle avait 16 ans maintenant mais cette habitude provenait de son plus jeune âge. Parfois, ses promenades pouvaient durer des heures. Il faut dire que son imagination travaillait activement durant ses excursions nocturnes. Chaque soir, elle se faisait des films dans sa tête, ce qui lui paraissait bien plus plaisant que de passer du temps avec de vraies personnes. Les vrais gens lui paraissaient ennuyeux, souvent stupides et généralement méchants. Les gens qu’elles faisaient apparaître avec son imagination était bien plus intéressants.
Ce soir-là, donc, Alessa se promenait comme à son habitude. Parfois, elle courait. Cela stimulait son imagination. Cette fois, cependant, elle fut interrompue par quelque chose d’inhabituel : sur un arbre, se trouvait une trace de griffure ensanglantée. Il faisait nuit, mais grâce à la lueur de la lune, Alessa distinguait clairement le sang qui coulait des quatre traits qui avaient blessé l’arbre. Elle ne remarqua que quelques secondes plus tard le t-shirt rose ensanglanté, qui devait appartenir à une petite fille, et qui gisait sur le sol, au milieu des feuilles mortes. Alessa n’était pas du genre à paniquer, mais cette découverte singulière l’angoissait. Elle décida donc de rebrousser chemin pour avertir ses parents. Il lui fallait bien une quart d’heure pour rentrer chez elle, calcula-t-elle. En chemin, elle trouva un animal mort (un écureuil ?) qui lui avait échappé à l’allée. Il semblait avoir été coupé en deux et il ne restait plus que le bas de son corps (ventre, pattes arrières, queue). Alessa pressa son pas. Le fait d’avoir une imagination débordante était parfois un avantage, mais, cette fois, c’était plutôt un handicap : des cris de bêtes imaginaires résonnaient dans sa tête. Etait-ce uniquement son imagination ? Elle se le demandait. Son coeur battait de plus en plus fort. Avait-elle vraiment vu cette griffure et  ce cadavre ou l’avait-elle encore rêvé ? Les doutes commençaient à s’installer dans son esprit au fur et à mesure qu’elle se rapprochait de chez elle. Fort heureusement, elle apercevait déjà sa maison au loin, avec les lumières encore allumées.
C’est alors qu’une vision d’horreur lui apparu. A quelques mètres d’elle, accroché à une branche d’arbre par les pieds, se trouvait le corps d’un homme gisant sans vie, les bras vers le sol, le ventre ouvert. Ses boyaux étaient déposés sur le sol, juste en dessous du corps. Alessa hurla d’abord de surprise, puis de terreur. Elle se mit cette fois-ci à courir vers sa demeure. Elle était maintenant sure que les bruits de craquement et de pas qu’elle entendait étaient bien réels : une imposante bête la suivait. Elle ne la voyait pas, même en se retournant, mais il fallait vraiment être sourd pour ne pas entendre ses bruits de pas. Apparemment, la créature était énorme, peut-être plus grosse qu’un homme.
Enfin, elle sortit du bosquet et atteint finalement sa maison. Là, ses parents l’attendaient pour dîner.
- Tu es toute essouflée…tu as courru ? demanda sa mère.
- Oui, dit Alessa, je crois que mon imagination m’a encore joué des tours…

Cet article a été publié le Mercredi 30 août 2017 à 17 h 09 min et est catégorisé sous Non classé. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le Flux des commentaires. Vous pouvez laisser un commentaire. Les trackbacks sont fermés.

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